Les conséquences économiques de l'implication des anglaises dans la Seconde Guerre mondiale.

     Pendant la guerre, beaucoup de femmes se mirent au travail pour remplacer les hommes partis au front. Mais dès 1945, les soldats se recyclent en civils et reprennent leur place de breadwinner de la famille.

     Dans les pays Occidentaux, les hommages ne manquèrent pas d'être rendus aux femmes pour leur contribution à la production. Ainsi, le ministre anglais du travail déclara en décembre 1945 : "elles [les anglaises] ont fait un travail splendide pendant la guerre et nous avons autant besoin de leur aide aujourd'hui".

     Néanmoins, le pourcentage de femmes mariées salariées chuta tout de suite après le conflit mondiale, car les maris reprirent leur place au travail et les femmes leur place à la maison. Le déclin de la main-d'oeuvre féminine en usine se poursuivit en Grande-Bretagne après 1945, en effet, l'industrie employait 38,9 % des femmes en 1951 et 34,8 % dix ans après. Cette main-d'oeuvre diminua particulièrement dans la métallurgie, la chimie et l'agriculture. Nous pouvons citer une autre cause de la désertation du monde industriel par les femmes : la guerre. Celle-ci a produit un effet certain sur le secteur de l'industrie, la Grande-Bretagne a subit d'énormes pertes en usines, immeubles et bâtiments publics. Après la guerre, le pays consacra une bonne partie de ses ressources et de sa main-d'oeuvre à la reconstruction. L'industrie lourde, et en premier les métiers du bâtiment, participèrent à ces efforts, c'est-à-dire une main-d'oeuvre essentiellement masculine.

     Malgré tout, si les femmes désiraient conserver leur emploi, elles étaient forées d'accepter des salaires inférieurs aux hommes alors que pendant la guerre, l'écart entre les deux revenus s'était réduit.

     En Angleterre, tous les équipements collectifs (crèches, cantines, garderies) qui avaient été créés pour faciliter le travail des femmes disparurent.

     Néanmoins, le discours que le ministre anglais du travail a tenu en décembre 1945, n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

     En effet, en Grande-Bretagne, le taux d'emploi féminin était plus élevé après la guerre qu'ils ne l'avait été depuis un siècle. Les deux tiers des femmes célibataires travaillaient dans les années 50 et 60. Quant aux femmes mariées, elles étaient 24 et 34 % à travailler pour les mêmes périodes . Ce pourcentage ne cesse d'augmenter au fils des années bien qu'il reste inférieur à celui des célibataires.

                                

     Nous pouvons expliquer cette situation par la redéfinition des besoins de l'enfant, qui constituait la principale influence de la famille sur le travail des femmes en Grande-Bretgane après la Seconde Guerre mondiale.

     En effet, après 1945, le travail des enfants avait pratiquement disparu et les pressions sociales reconnaissaient la nécessité d'un minimum d'instruction pour les enfants. On a donc assisté à un véritable chamboulement de l'organisation familiale au niveau du travail. Dans le passé, les enfants travaillaient afin que leur mère puisse rester à la maison pour remplir son rôle de ménagère et de reproductrice. Alors qu'après la guerre, le travail des mères était favorisé lorsque les familles avaient besoin d'augmenter leurs revenus pour assurer un minimum d'éducation scolaire à leurs "bambins", voir pour les mener jusqu'à une école professionnelle ou même à l'université.

     Ce revirement de situation eu pour conséquence la baisse des natalités car les enfants coûtaient plus cher qu'autrefois et contribuaient moins à leurs propres fraits. Par conséquent, pour une mère, s'occuper de son enfants voulait de plus en plus dire gagner de l'argent pour lui. Ces femmes ayant, en moyenne, moins d'enfants, elles pouvaient plus facilement subvenir à leurs besoins.

Graphique montrant le pourcentage de femmes travaillant aux différentes étapes du cycle vie-famille. Le graphique se lit ainsi : en 1910, environ 26 % des femmes mariées sans enfants travaillaient, alors qu'en 1960, c'est près de 60 % de celles-ci exerçaient une profession.

     Bien qu'après la guerre les épouses ayant de jeunes enfants préféraient rester à la maison, le besoin de travailleuses était assez fort pour ammener les employeurs à s'accomoder de femmes mariées avec enfants. Par exemple, la fabrique de biscuit londonienne Peak Freen adopta le travail à temps partiel et les horaires flexibles dans les années 50 afin de recruter de jeunes mères de familles. Ce mode de travail a été permit grâce à la proposition de la Commission de droits de la femme de l'ONU (Organisation des Nations Unies, c'est une organisation censée résoudre les problèmes internationaux), faite en 1957 et approuvée par la plupart des associations féminines et des syndicats.

     Ce mode de travail (emploi à temps partiel) est très solicité par les mères de familles qui manquent cruellement d'infrastructures sociales tels que des crèches, pour placer leurs enfants pendant leurs heures de travail. De plus, les pouvoirs publics britanniques refusent toute subvention pour les aider à ce niveau là car les crèches sont payantes et privées. Ils s'appuient sur des témoignages de psychologues fait dans les années 50-60 et révélant que les jeunes enfants souffraient lorsqu'ils étaient séparés de leur mère. S'ajoute à cela les congés maternité trop courts, peu ou pas indemnisés (jusqu'à ce que l'Employment Protection Act de 1975 impose des congés maternité payés et interdise le licenciement abusif durant la grossesse) et les horaires scolaires mal adaptés. Tous ces absotacles obligent donc les mères à s'investir dans des emplois à temps partiel. Néanmoins, ils (les obstacles) seront grandement contestés lors des nombreuses manifestations du Women's Lib, dont nous vous faisons la présentation dans les autres articles.

 manifestation du Women's Lib, le 6 mars 1971 à Londres. Nous pouvons lire "un salaire égal maintenant" sur l'affiche de gauche et "les crèches gratuites et ouvertes 24 heures sur 24" sur l'affiche de droite.

     Malgré cela les femmes mariées s'encrèrent de plus en plus dans le monde du travail. Bien évidemment pour apporter un salaire annexe à celui des hommes de la maisonnée mais (nous mettons ici un point de social qui est fortement corrélé à cette partie de l'économie) également pour entretenir des liens sociaux avec des personnes extérieures à la famille. Cela leur permettait de voir du monde, de ne pas rester "cloîtrée" à la maison. Il est important que les femmes aient exprimé cette motivation de travailler : cela montre que le travail des femmes mariées était moins la conséquence de la pauvreté de la famille que l'expression d'un choix individuel. Néanmoins, elles ne disposaient pas toutes de ce choix car la plupart des femmes mariées travaillaient pour maintenir ou améliorer la situation économique familiale. Certaines ont répondu à des enquêteurs que leur salaire améliorait le bien-être de la famille, leur permettant de "jouir d'un certain luxe" qui autrement serait au-dessus de leurs moyens. 

     Un autre changement s'oppéra dans la vie économique des anglaises : le phénomène de tertiairisation, qui toucha particulièrement les femmmes.

     En 1970 a lieu un tournant dans la sphère professionnelle des femmes, que l'on doit à la Secrétaire d'Etat à l'emploi et à la productivité mais également Premier Secrétaire d'Etat de l'époque : Barbara Castle. En effet, l'Equal Pay Act est voté cette année là.

     Néanmoins, les inégalités persistent dans le travail, illustrées par l'image du Glass Ceiling (le Plafond de Verre) qui évoque la difficulté pour les femmes de grimper les échelons dans leur métier (en 1990, seulement 33 % des cadres étaient des femmes). 

 

     De plus, ces femmes cadres ne gagnent, en moyenne, que les deux-tiers du salaire des homme cadres, à travail égal.

     En 1968, peu d'années avant le Sex Discrimination Act, 90 % des ouvrières percevaient des salaires inférieurs de 25 % à ceux des hommes.

     Cependant, les anglaises sont avantagées sur un point : elles sont moins nombreuses à être au chômage. Mais vous verrez danc cet article que cette vérité peut-être remise en cause.

 

     Les anglaises, ayant remplacé les hommes partis à la guerre, ont pris goût au travail mais surtout au respect et à la place que leur procurait une fonction autre que celle de mère au foyer. 

     Après la guerre, quelques lois ont été mises en place pour faciliter l'intégration des femmes dans un univers redevenu machiste. Le pourcentage d'actives mariées et célibataires augmenta au fils des années.

     De nos jours, une femme qui travail est devenue (pour beaucoup de personnes) une idée ordinaire bien que les inbégalités et les préjugés aient toujours une place dans la société britannique actuelle.

 

 

    

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Commentaires (1)

1. Vanessa 15/06/2015

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