Répartition des tâches ménagères dans le couple

     Dès 1938, Virginia Woolf (1882-1941), célèbre féministe et femme de lettre britannique, avait averti les anglaises : "vous avez gagné une chambre à vous dans la maison, jusqu'ici propriété exclusive des hommes. Vous voilà capables, non sans grand travail et nombreux efforts, de payer un loyer. Mais cette liberté n'est qu'un début"

 

     Une enquête réalisée en 1951, auprès de 700 femmes au foyer, dans différentes régions de Londres, a révélé que les ménagères anglaises travaillaient environ 15 heures par jour, ce qui correspond à peu près à 75 heures par semaines.

     Durant ces 15 heures de travail, elles s'adonnaient à diverses tâches ménagères tels que faire la cuisine ou s'occuper des enfants. La cuisine, endroit dans lequel elles passaient un quart de leur journée.

     La plupart de ces femmes faisaient leurs courses le vendredi et lorsqu'elles avaient un peu de temps libre, elles s'en servaient pour lire, écouter la radio, regarder la télévision ou aller au cinéma.

 

     En 1970, le Matrimonial Property Act exige que l'on tienne compte du travail, même uniquement ménager, de la femme lors de l'étude des conséquences matérielles d'un divorce, c'est-à-dire la séparation et la répartition des biens du couple.

 

     Moins choquant que la libération du corps des années 60, moins provocante que les revendications féministes des années 70, le débat clef du tournant du millénaire est certe moins exaltant, mais tout aussi révolutionnaire : il porte sur le partage des tâches ménagères et de l'éducation des enfants, sur la conciliation à deux des responsabilités professionnelles et familiales. Il signal donc une mutation du couple sans précédent.

     La célèbre journaliste Rebecca West l'avait bien dit : "le plus grand ennemi du féminisme, c'est que les hommes n'aiment pas le travail ménager et que les femmes n'aiment pas le travail ménager".

                                                 Rebecca West

     En effet, pourquoi, quand les enfants sont malades, aménager le temps de travail des mères uniquement, ce qui réduit leurs possibilités d'avancement, au lieu de prôner un partage équitable entre les sexes du temps parental ?

     Parce que les mères sont encore vues comme les wonderwomen, qui assument tout avec le sourire et que les pères gardent le symbole caricatural du bredwinner.

 le mythe de la wonderwoman

 

     Est-ce pour montrer l'exemple que le 3 janvier 1990, le Ministre britannique Norman Fowler (1938-) démissionne pour, écrit-il : "m'occuper d'avantage de mes enfants".

 

     Tandis que les femmes prennent place dans les domaines masculins et cherchent réellement à entrer dans la vie active, les hommes assument peu à peu quelques fonctions domestiques.

     La preuve en est : une enquête réalisée en Grande-Bretagne en 1981 sur les publicités les plus efficaces auprès des consommatrices montre que les campagnes présentant des femmes actives, aux centres d'intérêt variés, sont mieux perçues que celles où des ménagères de moins de 50 ans s'extasient devant la blancheur de leur linge.

    

    

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