La presse féministe milite contre les stéréotypes.

     Dans cette page, nous allons vous faire la présentation de deux magazines faisant parti de la presse féministe britannique d'après-guerre : Spare Rib et Shrew.

 

     Comme nous l'avons cité dans la page précédente, les féministes anglaises poursuivent avec acharnement le sexisme dans le domaine culrurel. En effet, elles militent contre l'image et la représentation féminine véhiculés par la littérature, les médias et la publicité.

     Partout en Grande-Bretagne, des femmes créent des maisons d'édition qui diffusent les idées revendicatrices, comme Virago, qui a un nombre impressionnant de publications féministes à son actif.

     Cette nouvelle presse proteste contre les magazines typiquement féminins comme Nova et ses stéréotypes sur la beauté, la romance et la vie domestique des femmes.

     Ces magazines féministes ont commencé à être publiés lors de la "seconde vague" de féminisme, en 1968 pour l'Angleterre.

     Pour beaucoup de femmes, emprisonnées dans leur vie domestique et incapables de s'engager dans la lutte politique pour revendiquer leurs droits, ces magazines ont permis de braver les interdits et d'engager les discutions, notamment sur la sexualité féminine, qui était un sujet tabou depuis fort longtemps.

 

     Le fameux magazine Spare Rib a été lancé en juin 1972 en Grande-Bretagne mais n'a pas été bien reçu par tous. En effet, la célèbre agence de presse WH Smith a refusé de le vendre dans ses librairies.

                   

     En dépit des obstacles, la revue a été vendue en moyenne à 20 000 exemplaires chaque mois de sa parution. Cependant, ce genre de magazine trouvait lectrices le plus souvent lors des meetings féministes et plus rarement, dans les librairies. Ce "marché noir" des magazines féministes était en parti dû à la peur que certaines femmes avaient devant la probable réaction de leur mari si ils trouvaient de tels revues dans la maison.

                                                          

     Le but de ce magazine était d'examiner et de présenter des alternatives au rôle traditionnel de la femme en tant que célibataire, épouse et mère. Nous pouvions également trouver des critiques envers la publicité, qui encourageait à une consommation matérialiste. Pour exemple, une des premières publications du magazine contenait un article blâmant les usines de fabrication de cuisines car celles-ci tentaient, par des publicités, de persuader les femmes à perpétuellement remettre à jour leur maison. 

     Les nombreuses et fidèles lectrices de Spare Rib mais aussi sa longue durée de vie (il été toujours autant apprécié et lu jusque dans les années 90) montrent que, en dépit des barrières, cette alternative aux magazines féminins a réussi à se faire une place sur les étagères des agences de presse anglaises !

 

     Des revues féministes locales ont également vu le jour dans certaines régions d'Angleterre, dans le but d'unifier la population féminine et de combattre l'isolement ressenti par beaucoup d'anglaises. Ces revues viennent souvent de centres locaux pour femmes, construits afin de les conseillers et de leurs proposer des services comme les tests de grossesse.

     C'était le cas du York Feminist News, rédigé, imprimé, dupliqué et distribué par des femmes investies dans le York's Women's Center mais c'était aussi le cas du Sheffield Women's Newsletter, qui couvraient les évènements comme la Conférence Féministe et Socialiste à Manchester.

     Le magazine Shrew est également un exemple de publication locale. Il a été lancé pour la première fois dans la ville de Bristol (sud-ouest de l'Angleterre), grâce à un petit groupe de femmes qui se sont rencontrées dans la région.

                                                                   

     Le fait que ce magazine soit régional facilite les tentatives d'amélioration de la vie quotidienne des anglaises locales. Un exemple de cette approche est la campagne lancée par Shrew afin d'examiner et d'augmenter la disponibilité des moyens de contraception et l'accès à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) dans certaines régions locales manquant cruellement de cliniques et qui rendaient donc difficile l'accès à ces soins.

     Ce genre de magazines servaient à faire prendre conscience aux autorités de la condition de vie des anglaises touchées par cette marginalisation involontaire, dû à la situation géographique de leur ville ou village. Mais bien souvent, ces petites régions reculées n'avait pas la possibilté de mettre en place de tels aides.

      De nombreuses lectrices de magazines féministes n'hésitaient pas à écrire une lettre à la rédaction pour les remercier de leur aide et de leur conseils. L'une d'entre elles, adressée au magazine Spare Rib, dit : "comme j'ai été contente de lire parmis les lettres publiées dans Spare Rib que je n'étais pas la seule dans ma lutte !"

 

 

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