L'évolution de la mode vestimentaire après la Seconde Guerre mondiale

    Dans cette page, nous allons étudier quatre styles vestimentaires qui sont nés de quatre stylistes différentes, après la guerre.

 

     En 1965, l'histoire de la mode féminine connaît un grand tournant. En effet, dans une boutique de King's Road (rue de Londres), une styliste âgée de 31 ans nommée Mary Quant (1934-) propose une robe noire et blanche à motifs géométriques s'arrêtant à mi-cuisses. La minijupe est née et c'est grâce à cette création qu'une révolution s'est déclenchée dans la société nouvellement consommatrice.

     La mode des années 60-70 connaît de grandes innovations. Courrèges (fondateur de la minijupe en France) cherche à toucher un large public au sein de l'élite, contrairement à Mary Quant, qui vise une population  plus défavorisée n'ayant pas forcément les moyens de débourser beaucoup d'argent pour être à la mode. Malgré tout, elle habille aussi bien des mannequins comme la célèbre Twiggy, que les "petites anglaises" qui se rêvent grandes et filiformes à l'image des top models en vogue, au corps sans hanche ni sein.

 Mary Quant (à droite) en compagnie de jeunes femmes portant une minijupe

     Après les trois temps forts du siècle symbolisés par les noms de Poiret, Chanel et Dior, c'est une nouvelle rupture dans la mode.

     Mary Quant innove et crée des vêtements avant-gardistes qui s'éloignent considérablement du "standart" et qui permettent aux jeunes anglaises de ne plus s'habiller comme leur mère.

     De tout temps, les vêtements des femmes avaient caché leurs cuisses. La révolution lancée par Mary Quant, dévoilant presque toute la jambe, donne un coup de vieux aux femmes qui hésitaient à refaire leurs ourlets.

     La mode s'adressait auparavant à celles qui étaient installées dans la vie, elle vise maintenant les jeunes filles. Ce qui compte dans les années 60, ce n'est plus tant d'être élégante que d'avoir l'air jeune.

     Pour la nouvelle génération, qui n'a pas connu la guerre, la notion même de chic appartient à un passé révolu. Désormais, la jeunesse entraîne la mode et fait vivre l'industrie de l'habillement. Le prêt-à-porter remplace la confection et la couturière. Tandis que les stylistes achèvent de démocratiser la mode et de rajeunir les lignes, les grands magasins ouvrent des rayons "vingt ans".

     Les mannequins changent aussi. La distance se réduit entre photographe et modèle, entre modèle et spectateurs. La provocation remplace l'élégance glacée. Tandis que les jupes, toujours plus courtes, révèlent d'avantage le corps, la part de mystère se réfugie dans le regard lourdement maquillé, ombragé de faux cils.

  

     Maintenant, passons à une toute autre styliste : Vivienne Westwood (1941-). Ce n'est absolument pas le même style que Mary Quant, mais elle a connu une popularité toute aussi impressionnante.

 Vivienne Westwood portant l'une de ses fameuses créations : le "Destroy T-shirt". Fait avec de la mousseline et des imprimés aux couleurs criardes. A travers ce mélange de soie et de symboles, nous pouvons voir un crucifix, une crois gammée et une petite photo de la Reine d'Angleterre de profil. 

     En 1970, elle ouvre une boutique de mode sur King's Road et au milieu des années 70, elle élabore un style de vêtements rapiécés et troués qui deviendront l'uniforme des punks. Dans les années 80, elle se consacre à la création de looks provocants et excentriques comme ses mémorables chaussures à plates-formes.

                                                                                   

 

     Autre style, autre créatrice : Laura Ashley. Elle crée sa première robe en 1961 : lignes souples, harmonies douces, vêtements confortables et raffinés. Sa première boutique ouvrira sept ans plus tard, à Londres.

                                  

     Son style, avec les célèbres imprimés à motifs floraux, évoque la nature et le passé. Sans se soucier de la mode, elle continue à lancer des nouveaux modèles, des collections pour femmes et pour petites filles, des tissus d'ameublement.

     Elle renout avec la tradition des tissus "liberty". Le style de Laura Ashley, qui semble hors de la mode, nostalgique du passé rural, s'accorde parfaitement au goût "rétro" des années 70.

     En effet, ce fut l'un des seuls styles qui accompagnait les regrets d'une époque révolue, celle des jeunes filles bien élevées et des intérieurs confortables de la bonne bourgeoisie victorienne.

             la mode selon Laura Ashley

 

     Barbara Hulanicki (1936-) fut égalementl'une des stylistes anglaises les plus connues. En 1964, avec l'aide de son mari, elle ouvrit le magasin Biba dans un quartier de la capitale. Il devint vite célèbre pour son atmosphère particulière et son décor inspiré de l'Art Nouveau et de l'Art Déco.

                  Barbara Hulanicki 

     On y trouvait des minijupes, des grands chapeaux en feutre, des boas en plume, des pantalons en velours et des T-shirts unisexe de toutes les couleurs.

     Il aura eu une durée de vie de douze ans puisqu'il ferma ses portes en 1976.

 intérieur du magasin Biba   

 

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