Biographie de Margaret THATCHER

      Margaret Thatcher, née le 13 octobre 1925 à Grantham (ville à l'est de l'Angleterre), est une femme politique britannique qui prône le libéralisme au Royaume-Uni.
      Elle a fait des études de chimie à l'université d'Oxford, et a travaillé dans le secteur de la recherche de 1947 à 1951, avant de se tourner vers une carrière juridique en 1953. Elle s'est alors spécialisée  en droit fiscal.
 
     Devenue membre du parti conservateur, Margaret Thatcher a été élue à la Chambre des communes en 1959. Ministre de l'Éducation de 1970 à 1974 dans le gouvernement d'Edward Heath (il est libéral sur le plan économique et progressiste sur le plan social), elle a suscité une vague de protestations lorsqu'elle a mis fin à la distribution gratuite de lait dans les écoles. Après la défaite des conservateurs aux élections de 1974, elle a pris la direction du parti.

     C'est la première femme, en Europe, à avoir été leader du parti conservateur, elle le fut de 1975 à 1990. Elle est aussi à ce jour, la seule femme à avoir dirigé un parti politique britannique et également la seule Premier Ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990, en detenant le record du plus long mandat depuis le XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne. Thatcher est assurément l'une des figures politiques britanniques les plus significatives dans l'histoire politique récente, l'une des plus admirées comme l'une des plus détestées.        

                  

Margaret Thatcher lors de sa victoire aux élections législatives en 1982.

     En 1979, son programme de libéralisme économique radical mena les conservateurs à la victoire.

      Attachée à la souveraineté britannique, The iron lady  tente de freiner le processus d'intégration européen, déclarant « We are simply asking to have our own money back. » (« Nous demandons simplement qu'on nous rende l'argent qui est à nous. »), exigeant un rabais des contributions britanniques au budget européen qu'elle finira par obtenir en 1984.
 
     Avant l'intervention de Thatcher, l'Angleterre était surnommée "l'homme malade de l'Europe", en effet, à la suite du premier choc pétrolier de 1973 survînt une crise économique avec une détérioration constante et accélérée de tous les indicateurs.
     Entre 1973 et 1979 la croissance fut inférieure à 1,5%, voir négative en 1974-1975, le nombre de chômeurs augmenta constamment pour arriver à 1,5 million au début de 1979 et l’inflation devint galopante, avec un pic à 25% en 1975 et une moyenne annuelle de 10,5%. 
     Néanmoins, dans un premier temps, le taux de chômage ne diminua pas et au contraire, augmenta considérablement, mais il se stabilisa pendant environs trois ans (de 1984 à 1987). Mais dans la deuxième moitié de son mandat, le gouvernement de Thatcher réussit à faire passer le nombre de chômeurs de près de trois million à deux millions.
  évolution du chômage
  évolution de l'inflation (hausse des prix)
                                                      
 
     Margaret Thatcher prônait le libre jeu du marché et voulait mener la lutte contre l’inflation avant celle contre le chômage, elle considérait que les inégalités sociales stimulaient les syndicats et trouvait leurs pouvoirs excessifs et contraires à la démocratie. Influencée par les idées des économistes néo-libéraux, tels Friedrich von Hayek et Milton Friedman, elle voulait « refouler les frontières de l’État » et le recentrer sur ses fonctions naturelles : garantie de la monnaie, maintien de l’ordre public et défense nationale.
                                                         
     Ces principes furent rapidement mis en application, en effet, le taux maximal d’imposition passa de 83% à 40%. Le gouvernement engagea principalement une vaste politique de privatisations, comme celle de British Steel (privatisée en 1988) ou celle de British Airways (privatisée en 1987), transformant une entreprise perdant 1 milliard de livres par an en un des plus gros producteur d'acier européen, ou un transporteur aérien déficitaire en l'une des meilleures et plus rentables compagnies aériennes au monde.
     Ce qui baissa la part du secteur public dans le PIB de 12% à 3%.
    Cette politique devait diminuer les dépenses de l’État et lui apporter des recettes nouvelles sans avoir à augmenter les impôts (de fait, le produit des privatisations s’éleva à plus de 28 milliards de livres entre 1979 et 1990), démontrer par les qualités du secteur privé, réduire l’emprise des syndicats, très puissants dans le secteur public, multiplier l’actionnariat populaire et constituer une « démocratie de propriétaires » (en 1990, le nombre des actionnaires s’élevait à 9 millions).
                                                                               
     En matière de politique sociale, le gouvernement voulait encourager, non l’esprit d’assistance, mais la création de richesse, celle-ci devant « couler goutte-à-goutte » jusqu’aux couches défavorisées de la société (théorie du trickle down). En conséquence, le système d’assistance sociale caractéristique de l’État providence fut réorganisé, en privilégiant les subventions ciblées en direction des « vrais nécessiteux », plutôt que des aides attribuées sans distinction.
     C’est pourquoi  les dépenses sociales n’ont pas diminué entre 1979 et 1990, mais ont été, au mieux, stabilisées autour de 22% du PIB dans l’ensemble des dépenses gouvernementales. Déduction faite de l’inflation, les dépenses en faveur de l’emploi ont augmenté de 73%, les dépenses de sécurité sociale de 33%, et celles du service national de santé de 34%.
  Lady Thatcher a été honorée d’une statue à son effigie dans le hall de la Chambre des Communes.
 
     Margaret Thatcher voulait aussi arrêter à jamais les grèves ininterrompues des années 1970.
     Plusieurs lois adoptées à un rythme soutenu (1980, 1982, 1984, 1988) limitèrent les avantages syndicaux, tel que le closed shop (monopole syndical d’embauche), interdirent les grèves de solidarité dans des usines non concernées par un conflit, rendirent les syndicats juridiquement responsables des dégâts occasionnés au cours des grèves et obligèrent les dirigeants syndicaux à consulter l'ensemble des militants par des scrutins à bulletin secret avant de déclencher une grève.
      Ces réformes se heurtèrent d’abord à une vive résistance, avec une multiplication des conflits sociaux qui culmina dans la grande grève des mineurs de 1984-1985.
      Le mouvement syndical enregistra ensuite un déclin de ses effectifs (10 millions d’adhérents en 1990, ce qui restait tout de même un niveau élevé, rapporté au cas français) et le nombre des grèves diminua sensiblement (moins de 2 millions de jours de travail perdus pour faits de grèves en 1990).
 évolution du nombre de grèves
 
   évolution de la production de charbon
                                            

     Au-delà des aléas conjoncturels, les réformes structurelles réalisées entre 1979 et 1990 ont permis au pays de connaître, à partir de 1993-1994, une croissance qui ne s’est pas démentie jusqu’à aujourd’hui.

     Grâce à sa détermination, Margaret Thatcher mène les britanniques à la victoire lors de la Guerre des Malouines en 1982 (the Falklands War en anglais, guerre entre les argentins, qui avaient envahi les îles, et les britanniques, qui les ont récupérés), s'assurant ainsi une majorité écrasante aux élections législatives de juin 1983. Elle ne cédait jamais, ni face à la grève de la faim des militants de l'IRA (Armée Républicaine Irlandaise, les irlandais souhaitent leur indépendance totale par rapport à l'Angleterre) en 1981, ni lors de la grève du syndicat des mineurs, qui dura presque un an (1984-1985), on lui attribua le  surnom de Dame de fer. Elle échappe de justesse à un attentat à la bombe organisé par l'IRA en octobre 1984.

          

"Maggie" au milieu de ses troupes, après la reconquête des Falkland .

     Thatcher a entretenu des liens avec les Etats-Unis avant même l'arrivée de Reagan au pouvoir, notamment sur le plan du nucléaire, elle a partagé avec celui-ci les principes de l'anti-communisme et du libéralisme économique.

 Ronald Reagan et Margaret Thatcher à la Maison Blanche en 1988.

     En 1990, sa politique fiscale agressive (l'instauration d'un nouvel impôt local, la poll tax) et sa réserve face à l'intégration du Royaume-Uni dans la Communauté européenne l'ont mise en minorité dans son propre parti. Elle a cependant accepté l'entrée du Royaume-Uni dans dans l'Union européenne cette même année. La Dame de fer démissionna en novembre 1990 et fut remplacée par son ancien protégé, John Major.

                                                       

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